Publié le 11 juin 2026 — Sources : CRE, marchés de gros TTF
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient de l’annoncer : le prix repère de vente du gaz (PRVG) augmente de 7,4 % TTC au 1er juillet 2026, passant de 152,86 à 164,21 €/MWh TTC en moyenne. Après la flambée de mai et la brève accalmie de juin (−4,8 %), le gaz repart nettement à la hausse — et cette fois, même les contrats à prix fixe sont partiellement touchés. Voici ce qu’il faut comprendre, et ce que ça change pour votre budget.
À retenir
- +7,4 % TTC en moyenne sur le prix repère du gaz au 1er juillet 2026 (CRE).
- Impact moyen estimé par la CRE : +2,7 € TTC sur la facture de juillet pour les offres indexées au PRVG.
- La part acheminement augmente de 5,87 % : elle s’applique à tous les abonnés, y compris ceux en offre à prix fixe (le « fixe » ne couvre que la part énergie).
- En toile de fond : tensions au Moyen-Orient (détroit d’Ormuz, 20 % du GNL mondial), TTF autour de 46-49 €/MWh, et des stocks européens remplis à seulement 38 % avant l’hiver.
Le détail de la hausse
| Composante | Évolution au 1er juillet | Qui est concerné |
|---|---|---|
| Part fourniture (énergie) | En hausse, tirée par les marchés de gros | Offres indexées PRVG et offres variables |
| Part acheminement (réseau) | +5,87 % | Tous les abonnés gaz, prix fixes inclus |
| PRVG moyen TTC | 152,86 → 164,21 €/MWh (+7,4 %) | Référence du marché |
Concrètement, pour un foyer qui se chauffe au gaz (consommation type 11 200 kWh/an), la hausse de juillet pèse peu en plein été (+2,7 € sur le mois selon la CRE) — mais si les niveaux actuels se maintiennent, c’est la saison de chauffe 2026-2027 qui sera sensiblement plus chère : sur un budget annuel de 1 300 à 1 600 €, +7,4 % représente 95 à 120 € de plus par an.
Pourquoi le gaz remonte
La géopolitique d’abord. Les tensions entre Israël, les États-Unis et l’Iran maintiennent une prime de risque élevée sur l’énergie. L’Iran contrôle en partie le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du GNL mondial. Chaque regain de tension fait bondir le TTF (la référence européenne du gaz), qui évolue autour de 46 à 49 €/MWh en juin, loin des niveaux d’avant-crise.
Les stocks ensuite. L’Europe n’a rempli que 38 % de ses capacités de stockage à la mi-juin. Pour passer l’hiver, il faudra acheter massivement cet été — ce qui soutient les prix même sans nouvel incident géopolitique.
L’acheminement enfin. Les tarifs d’utilisation des réseaux gaziers augmentent au 1er juillet (+5,87 %). Cette composante est fixée par la CRE indépendamment des marchés : elle finance l’entretien d’un réseau dont les coûts fixes se répartissent sur de moins en moins d’abonnés, à mesure que les Français quittent le gaz. C’est un effet ciseau structurel : moins d’abonnés = part réseau plus chère pour ceux qui restent.
« Je suis à prix fixe, je suis tranquille » : pas tout à fait
C’est le point qui surprend le plus. Une offre à prix fixe bloque la part énergie, pas la part acheminement ni les taxes. Avec +5,87 % sur l’acheminement, votre facture augmentera aussi — modérément, mais elle augmentera. Vérifiez les conditions de votre contrat : seules les rares offres « tout inclus » échappent à la hausse.
Que faire maintenant ?
Si vous restez au gaz. Comparez les offres : les écarts entre fournisseurs se creusent en période de volatilité. Une offre indexée bien négociée peut battre un fixe souscrit au mauvais moment. Notre comparatif des énergies et le simulateur vous donnent les ordres de grandeur pour votre logement.
Si vous envisagez de sortir du gaz. Le contexte s’y prête de plus en plus : entre cette hausse, l’interdiction des chaudières gaz dans le neuf en 2027 et les 100 territoires zéro gaz du plan d’électrification, le signal est clair. Les deux alternatives crédibles en remplacement d’une chaudière gaz :
- La pompe à chaleur : la solution par défaut, soutenue par MaPrimeRénov’ et bientôt le leasing social PAC. Coût du kWh restitué ~0,057 €, contre ~0,11 € pour le gaz après la hausse.
- Le poêle à granulés : kWh à ~0,075 €, investissement initial bien plus faible qu’une PAC, pertinent en appoint ou en chauffage principal d’une maison compacte.
Et l’été 2026 est le bon moment pour décider : les hausses se cumulent — le gaz en juillet, l’électricité au 1er août, et le fioul qui flambe depuis juin. Faire le point sur son chauffage avant la saison froide n’a jamais été aussi rentable.
FAQ
Combien va coûter la hausse du gaz de juillet 2026 ?
+2,7 € TTC en moyenne sur la facture de juillet selon la CRE (offres indexées PRVG). Sur une année pleine de chauffage au gaz (11 200 kWh), si les niveaux se maintiennent, comptez 95 à 120 € de plus.
Les contrats à prix fixe sont-ils concernés ?
Partiellement, oui. Le prix fixe ne bloque que la part énergie. La part acheminement (+5,87 % au 1er juillet) s’applique à tous les abonnés.
Le gaz va-t-il continuer d’augmenter en 2026 ?
Les perspectives pour août laissent entrevoir une poursuite modérée de la hausse, tant que les tensions au Moyen-Orient et le remplissage des stocks européens (38 % mi-juin) soutiennent les prix de gros. Personne ne peut prédire le niveau exact : la composante géopolitique domine.
Faut-il quitter le gaz cette année ?
Si votre chaudière approche les 15 ans, faire le calcul maintenant est rationnel : les aides sont massivement orientées vers la sortie du gaz (PAC surtout), et le contexte réglementaire se durcit. Si votre chaudière est récente, comparez d’abord les offres de fourniture — l’écart peut compenser la hausse.
Pour aller plus loin
- Interdiction chaudière gaz dans le neuf en 2027 : ce qui change vraiment
- Électricité : ce qui change au 1er août 2026
- Fioul : flambée de juin 2026, faut-il remplir sa cuve maintenant ?
- Par quoi remplacer le gaz ? Le guide de la pompe à chaleur
- Évolution du prix des énergies 2011-2026
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