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Chauffage au bois et pollution de l'air : ce que dit le rapport ANSES 2026

Le rapport ANSES 2026 alerte sur les émissions polluantes du chauffage au bois ancien. Chiffres clés, risques santé et solutions pour un chauffage plus propre.

Le 8 avril 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a publié un rapport d’expertise sur les émissions polluantes du chauffage domestique au bois et leurs effets sur la santé. Ce document, fruit de plusieurs études menées avec l’INERIS, le CEREA, AIRPARIF et le CSTB, dresse un état des lieux factuel de la situation en France.

Avec 7,5 millions de ménages qui utilisent le bois pour se chauffer, le sujet concerne une part significative de la population. Voici ce qu’il faut retenir.

Ce que révèle le rapport ANSES 2026

Les chiffres sont sans ambiguïté. En période hivernale, le chauffage domestique au bois est responsable en France métropolitaine de :

  • 77 % de la concentration atmosphérique en particules organiques
  • 72 % du carbone suie (black carbon)
  • 40 % des PM2,5 (particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètres)

L’ANSES qualifie cette contribution de « majeure pour les particules organiques » et « importante pour le carbone suie ainsi que les PM2,5 et PM10 ».

Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte politique déjà engagé : le plan national lancé en 2021 par le ministère de la Transition Écologique vise une réduction de 50 % des émissions de PM2,5 liées au chauffage au bois entre 2020 et 2030 dans les territoires les plus exposés.

Le rapport couvre l’ensemble des appareils domestiques : poêles à bûches anciens et récents, poêles à granulés, cheminées à foyer ouvert, inserts et chaudières au bois. Les chaufferies biomasse collectives ne sont pas concernées par cette expertise.

Quels appareils polluent le plus ?

Tous les équipements de chauffage au bois ne se valent pas. L’ANSES identifie clairement les appareils les plus émetteurs.

Les plus polluants

Les foyers ouverts (cheminées traditionnelles) et les poêles à bûches anciens arrivent en tête. Leur combustion incomplète génère des quantités élevées de particules fines, de composés organiques volatils et de monoxyde de carbone.

L’utilisation en allure réduite (faible tirage, combustion lente) aggrave considérablement le problème. Un poêle à bûches fonctionnant à bas régime pendant la nuit peut émettre plusieurs fois plus de polluants qu’en fonctionnement nominal.

Les moins polluants

Les poêles à granulés et les appareils récents certifiés Flamme Verte 7 étoiles présentent des niveaux d’émissions nettement inférieurs. Leur combustion est mieux maîtrisée : alimentation automatique, régulation électronique, température de combustion plus élevée et plus stable.

Le rôle du combustible

Le rapport souligne que la qualité du bois joue un rôle déterminant. Un taux d’humidité trop élevé (bois mal séché) ou paradoxalement trop faible augmente les émissions polluantes. Le respect des préconisations du fabricant concernant le combustible, le réglage et l’entretien réduit significativement les rejets.

Les risques pour la santé

L’ANSES établit un lien entre la pollution issue du chauffage au bois et plusieurs effets sanitaires documentés.

Pathologies respiratoires et cardiovasculaires

Les émissions du chauffage au bois sont associées à des effets sur la santé respiratoire, ORL et cardiovasculaire. Elles peuvent favoriser ou aggraver :

  • L’asthme, en particulier chez les enfants
  • La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)
  • Des pathologies cardiovasculaires chez les personnes prédisposées

Populations vulnérables

Certaines catégories de la population sont plus exposées aux risques :

  • Les personnes souffrant de maladies cardiaques ou respiratoires chroniques
  • Les enfants, dont le système respiratoire est encore en développement
  • Les personnes âgées de 65 ans et plus

L’ANSES note cependant que ces effets sanitaires sont majoritairement attribuables aux équipements anciens et aux appareils à bûches fonctionnant en combustion lente. Un appareil récent, correctement utilisé, réduit considérablement l’exposition.

Et l’air intérieur ?

Le chauffage au bois contribue aussi à la pollution de l’air intérieur du logement. Toutefois, le rapport relativise en précisant que d’autres sources domestiques (tabac, bougies, encens) peuvent générer des niveaux de pollution équivalents, voire supérieurs.

Les disparités régionales

La contribution du chauffage au bois à la pollution de l’air n’est pas uniforme sur le territoire français.

Sud et Est : les zones les plus touchées

Les régions du Sud et de l’Est de la France sont davantage impactées. Plus généralement, les zones les plus froides de l’Hexagone concentrent logiquement une utilisation plus intensive du chauffage au bois.

Vallées montagneuses : l’effet cuvette

Les vallées encaissées sont particulièrement vulnérables. La topographie limite la dispersion des polluants, et les phénomènes d’inversion de température piègent l’air froid chargé en particules au fond des vallées. Les habitants respirent alors un air fortement dégradé pendant plusieurs jours consécutifs.

Grandes agglomérations

En Île-de-France, notamment à Paris, le chauffage au bois d’appoint et d’agrément occupe une place prépondérante dans la pollution de l’air extérieur. Même utilisé comme chauffage secondaire, le cumul des foyers dans une zone urbaine dense produit un effet significatif.

Que faire ? Les solutions concrètes

Le rapport ANSES formule plusieurs recommandations. Voici les actions à la portée des particuliers.

Remplacer un appareil ancien

C’est le levier le plus efficace. Un poêle à granulés ou un appareil labellisé Flamme Verte 7 étoiles émet jusqu’à 10 fois moins de particules qu’un foyer ouvert ou un vieux poêle à bûches. Si votre appareil a plus de 15 ans, le remplacement apportera un gain à la fois environnemental et économique.

Pour évaluer le coût d’un changement de système, consultez notre comparatif des systèmes de chauffage 2026 ou notre guide poêle à bois ou pompe à chaleur.

Profiter des aides MaPrimeRénov’

Le remplacement d’un ancien appareil de chauffage au bois est éligible à MaPrimeRénov’, aux certificats d’économie d’énergie (CEE) et à la TVA réduite à 5,5 %. Ces aides sont cumulables et peuvent couvrir une part importante du coût d’installation.

⚠️ Important : l’installation doit être réalisée par un artisan certifié RGE (Reconnu garant de l’environnement) pour bénéficier des aides.

Adopter les bonnes pratiques d’utilisation

Même avec un appareil récent, les conditions d’utilisation font la différence :

  • Utiliser du bois sec (taux d’humidité inférieur à 20 %), stocké à l’abri depuis au moins 2 ans
  • Ne jamais faire fonctionner l’appareil en allure réduite prolongée — privilégier des flambées vives et complètes
  • Respecter les consignes du fabricant pour le réglage de l’arrivée d’air
  • Ne jamais brûler de déchets, bois peint, traité ou aggloméré

Entretenir régulièrement

Un ramonage deux fois par an (dont une en période de chauffe) est obligatoire et réduit les émissions. Faire vérifier l’étanchéité des joints et le bon fonctionnement du tirage contribue aussi à une combustion plus propre.

Pour mieux comprendre les coûts liés au chauffage au bois et au prix du bois énergie, consultez nos guides dédiés.

Un levier d’action majeur pour la qualité de l’air

Le rapport de l’ANSES confirme ce que les spécialistes de la qualité de l’air observent depuis plusieurs années : le chauffage domestique au bois, tel qu’il est pratiqué avec des équipements anciens, constitue l’une des principales sources de pollution atmosphérique en France durant l’hiver.

La bonne nouvelle, c’est que les solutions existent et sont accessibles. Le renouvellement du parc d’appareils, combiné à de meilleures pratiques d’utilisation, permettrait de réduire drastiquement les émissions tout en conservant les avantages économiques et environnementaux du bois-énergie.

L’ANSES recommande de renforcer la sensibilisation des usagers et de vérifier dans le temps les performances des appareils installés. Ces préconisations s’ajoutent à celles de l’ADEME et alimenteront le prochain plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques.

Source : Rapport ANSES — Chauffage au bois : renforcer la réduction des émissions de polluants de l’air (8 avril 2026)


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